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Journal d'une ancienne complexée

Journal d'une ancienne complexée

6 minutes de lecture

Si tu me suis sur les réseaux, tu sais quel type de cheveux se trouve sur ma tête. EN revanche, ce que tu ne sais pas, c’est le parcours par lequel je suis passée pour enfin, aimer mes cheveux.

 

Si aujourd’hui, les cheveux bouclés sont adulés, ils ont longtemps été la cible des moqueries et des critiques. Zoom aujourd’hui sur les critiques qui m’ont longtemps complexée, souvent en secret.

 

Je suis Réunionnaise : ce qui veut à la fois, tout et rien dire… On le sait, la Réunion est un parfait exemple de melting-pot insulaire. C’est le carrefour des civilisations européennes, malgaches, indiennes, asiatiques et africaines ! En tout cas, la seule chose qui est prouvée c’est que je suis métisse et ce métissage se reflète dans mes cheveux (quand je te dis que les cheveux c’est aussi un héritage culturel et donc bien plus qu’un simple aspect esthétique). Mais ça, je n’en ai ressenti la fierté que bien plus tard…

 

Mon enfance

 

Comme toute petite fille, c’est ma merveilleuse maman qui me coiffait les cheveux… En tout cas, elle faisait de son mieux, parce que dans la famille, j’étais la seule à avoir ce type de boucles et cette texture de cheveux. Maman, elle, avait les cheveux frisés (mais ça, c’est certainement dû au fait que comme beaucoup d’entre nous, on ne lui a pas appris à avoir les bons gestes)… Du coup, elle ne savait pas comment faire pour me coiffer, surtout avec une texture qu’elle n’a pas l’habitude de voir.

 C’était à coup de brosse qu’elle me répétait « Il faut s’occuper de ta grosse touffe » (j’avais les cheveux très trèèès volumineux) tout en démêlant mes cheveux à SECS (oui, SECS). La douleur était atroce, j’avais mal au cou, à la tête et au crâne à chaaaque fois que la brosse se trouvait dans mes cheveux, à essayer de démêler chaque mèche. Ma mère, elle, se plaignait d’avoir mal au bras… BREF un moment de torture pour nous deux ! 😂

J’ai développé de gros tics à cette époque : je tenais à mes cheveux et paradoxalement, c’était eux qui me créaient plein de complexes. Je me rappelle très bien faire des crises de nerfs (oui, de vraies crises de nerfs) « parce que le chignon de maman est pas droit !!! T’as mal fait le chignooon maman !! » ou encore « Ca zèle devant, c’est moche !! » mais ça, c’était surtout lié au fait que mes camarades s’en moquaient. Autrement, mes petits frisottis ne m’auraient aucunement dérangée.

 

La crème que maman utilisait ? La crème chinoiiis qu’on a toutes (j’en suis sûre) connue, nous Réunionnaises ! 😂

Cette crème blanche là, biiiien épaisse, bien grasse avec une odeur bien désagréable. Tu vois ? ! Sinon, pas plus de soins que ça…

J’avais hâte de grandir pour en faire ce que j’en voulais, enfin surtout pour arrêter de souffrir le martyre, et laisser place à des coiffures un peu plus libres et moins « parfaites »… Parce que oui, l’obsession de la perfection me HANTAIT littéralement. Hors de question de sortir si je n'était pas coiffée, si mon chignon était de travers, si mes cheveux frisottaient, si mon chignon ne tenait pas… Sinon, c’était une journée désagréable assurée (et je le faisais bien savoir)

 

En grandissant, c’était tantôt ma soeur, tantôt moi qui s’en occupait. C’est là que je me suis perdue (alors que je pensais avoir trouvé la solution). Je tartinais mes cheveux de gel pour éviter tout frisottis et j’appliquais les crèmes de supermarchés sur les longueurs pour les boucles.

Dès qu’un frisottis apparaissait ou qu’une SIMPLE MECHE était sèche ou alors que mes cheveux gonflaient avec la chaleur (ce qui est bien évidemment normal mais je ne le savais pas encore), je passais ma tête entière sous l’eau (oui, entière) et je me retrouvais donc avec les cheveux dégoulinants… Et ça peu importe où j’étais : en ville avec les copines et même au collège à la récréation. Je me rappelle encore très bien lorsque j’appelais mes copines pour m’accompagner aux toilettes pour m’aider à mouiller mes cheveux dans le lavabo…

Alala, heureusement que c’est une époque révolue. 😌

Mise à part le fait que j’étais déjà perdue avec ces cheveux, les enfants de mon école ne m’ont pas franchement aidée à les aimer… Chaque jour, j’avais le droit à des moqueries telles que « on dirait de la paille », « grosse touffe », « euh c’est quoi ces cheveux là », « mdr désolé mais c’est moche », « on dirait une éponge »… A cet âge là, j’étais entre deux chaises : les cacher tant bien que mal à travers un chignon ou une tresse - ou alors les laisser lâches parce que au fond j’aimais mes cheveux et je les trouvais beau, parfois.

 

J’ai eu droit aussi à d’autres critiques, sur mon corps cette fois-ci. Je te l’ai dit, je suis métisse et quand j’étais plus petite, j’avais la peau beaucoup plus foncée qu’aujourd’hui. D’ailleurs ma famille m’appelait (et m’appelle encore) « Ti Kafrine ». J’ai une grande soeur et des cousines qui fréquentaient le même collège que moi. Ma grande soeur se faisait appeler « Biscotte » et vu que j’étais la plus petite, on m’appelait « Mini Biscotte », jusque-là c’est tout mignon. Sauf qu’à l’école, j’avais droit à un autre type de surnom. Je me rappelle encore d’un groupe de filles que je croisais dans les couloirs du collège… Le genre très peste à la façon soeurs de Cendrillon 🧙🏼‍♀️… Elles m’ont donné un beau surnom qui m’a suivie pendant des ANNEES (et que certaines de mes « amies » ont relayé) : BISCOTTE GRILLEE. Sympa, hein ? 😉

Au-delà de mes cheveux et de ma couleur de peau, j’ai reçu des critiques concernant mon acné. J’étais très amie-amie à l’époque, j’y tenais énormément et mes amies prenaient une place considérable dans ma vie : leurs avis comptaient donc pour beaucoup, c’était même ma base pour prendre une décision… Imagine donc la foudre qui s’est abattue sur ma tête lorsque même mes « amies » se sont mises à se moquer de moi. « Woh, tu as un gros bouton sur ta joue, c’est vraiment dégueulasse », « On dirait un cratère de volcan »… Dieu merci, elles ne font plus partie de ma vie même si j’ai pris du temps avant de réaliser qu’elles étaient nocives pour moi.

 

Je te laisse donc imaginer l’état psychologique dans lequel j’étais : une jeune adolescente, qui à la base ne se trouve pas moche mais se fait déglinguer par les critiques… Balancée entre son amour propre, son manque de confiance et le regard des autres. Bref, je vivais un enfer intérieur même si de l’extérieur, j’étais très coquette et je faisais très attention à mon physique; ce qui est, avec du recul, un comportement logique face aux critiques reçues.

 

En même temps, comment est-ce possible de s’aimer quand on se rend compte qu’on entre pas dans le moule, que le coiffeur et certains de vos proches se décomposent lorsqu’ils voient vos cheveux, qu’on te complimente tout à coup lorsque tu les lisses ?

 

A cette époque, les cheveux bouclés n’étaient pas du tout à la mode, ils étaient même très souvent critiqués et moqués.

 

Enfants, nous sommes davantage influençables à ces moules dans lesquels il faut absolument rentrer. Alors les moqueries et le rejet des autres importent et ont énormément impacté l’enfant ET l’adolescente que j’étais.

 

Le temps est passé. J’ai grandi, j’ai mûri et j’ai pris confiance en moi même si mon épanouissement personnel a réellement été compliqué. Aujourd’hui, je ne complexe plus du tout sur mes cheveux, je refuse qu’on en fasse un sujet de moquerie.  J’avouerai que j’ai encore de vieux réflexes de défense et je peux me montrer agressive parfois (souvent… BON TOUT LE TEMPS 😂) lorsqu’une critique, méchante et inutile, se fait sur mon physique ou tout autre chose me concernant d’ailleurs (je ne parle pas des critiques constructives)… Ce qui me vaut au passage un nouveau surnom « gros coeur » 😂

 

J’avoue aussi que la mode des cheveux bouclés m’a beaucoup poussée dans cette acceptation, passant du « tes cheveux sont moches » à « wahou, tes cheveux sont magnifiques je veux trop les mêmes » même si parfois cela peut se montrer gênant PUISQU’ILS (des inconnus hein, oui oui) S’AUTORISENT A TOUCHER TES CHEVEUX et te regardent comme si tu étais un alien avec des branches bizarres qui te sortent de la tête.

Mais tout au fond de moi, j’ai toujours choyé cette partie de moi qui continuait à croire que j'étais belle et que ce que les autres pensaient, reflétaient seulement leur complexe et leur amertume, rien à voir avec moi donc.

 

MORALE DE L’HISTOIRE…

On peut toujours faire d’un complexe une force, seulement si on a la NIAC, la FORCE, le COURAGE de le faire 🔥 … On le sait, au fond de nous, qu’on s’aime mais on n’ose pas se le dire et on doute parfois « parce que si autant de gens me critiquent, c’est que c’est vrai c’est tout. Je ne peux pas me battre contre la foule ». Aujourd’hui, mes cheveux sont ma couronne, ils font de moi une lionne prête à rugir. Et ça, plus personne ne pourra me l’enlever. 🦁 👊🏼

PS : Fais attention à ton entourage, c'est ce qui déterminera à plus de 70% ton état d'esprit !


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